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Coup de pouce du marché intérieur à la confiance commerciale

June 22nd, 2010

La confiance dans le commerce remonte? Difficile à croire. Il y a quelques mois, peut-être, quand une foison de bonnes nouvelles économiques alimentait partout les bruits de reprise. Mais à présent, avec le regain d’inquiétude au sujet des finances publiques du Sud de l’Europe, les craintes à propos de la performance de la Chine, les nouvelles lézardes qui apparaissent dans la demande américaine, la chute des cours des matières premières et un dollar canadien qui refuse de fléchir, une hausse du commerce extérieur canadien semble peu probable. Alors, pourquoi cette reprise de la confiance? L’évolution récente de l’indice de confiance commercial (TCI) d’EDC est tout simplement spectaculaire. Un an après la chute amorcée à l’automne 2007, le TCI s’établissait à 61, soit son niveau le plus faible depuis sa création. Ce qui était annonciateur de la claque qui attendait les exportateurs en 2009. Mais à l’automne 2009, le TCI était remonté à 77,4, ce qui le rapprochait des plus hauts niveaux jamais enregistrés. Et il a continué de grimper à l’enquête du printemps 2010. Celle-ci, réalisée, fin avril, début mai, l’a porté à 78,8, soit son meilleur résultat depuis le printemps 2002. Étant donné les turbulences dans le monde au même moment, ce résultat paraît décalé – jusqu’à ce que l’on examine les éléments de l’indice. Comme on pouvait s’y attendre dans la conjoncture extérieure actuelle, les éléments internationaux ne l’ont pas aidé. Les exportateurs sont moins optimistes par rapport à la situation économique mondiale et aux débouchés internationaux, et les attentes pour ce qui est des ventes à l’exportation à court terme sont inchangées. Les marchés internationaux ayant perdu de leur lustre, les exportateurs se sont tournés vers un marché intérieur comparativement solide. Heureusement, le marché intérieur canadien, qui est impressionnant, ne les a pas déçus. Dans l’immense majorité, ils sont optimistes au sujet de la conjoncture économique intérieure à court terme, optique que semblent, de fait, confirmer les ventes. Près de la moitié des exportateurs interrogés s’attendent à ce que les ventes canadiennes augmentent dans les six mois à venir, et la plupart des autres, à ce qu’elles restent au même niveau. Les résultats de l’enquête du printemps 2010 sont contrastés d’un groupe industriel à l’autre. Le secteur minier et le secteur pétrolier et gazier sont ceux où la confiance a le plus augmenté, suivis par le secteur des transports, le secteur forestier et le secteur agroalimentaire. Les résultats sont inchangés dans le secteur des technologies de l’information et des communications et dans le secteur des infrastructures. Quant à l’industrie légère, la confiance y accuse un léger recul. Les gros exportateurs sont les plus optimistes dans le dernier sondage, grâce à des attentes en nette hausse en ce qui concerne les ventes canadiennes. Les entreprises de taille moyenne suivent de près, portées par une nette amélioration de la confiance générale. Cependant, le sondage montre que les petites entreprises n’ont pas plus confiance. Dans l’ensemble du Canada, la confiance augmente fortement dans l’Ouest et sensiblement au Québec. Les gains sont plus modestes en Ontario. Mais devant la dégradation des perspectives internationales, la confiance s’évanouit dans les provinces de l’Atlantique. Les exportateurs semblent se faire à l’idée que le dollar canadien va rester vigoureux. Plus de 80 % des répondants s’attendent à ce qu’il se maintienne ou à se qu’il s’apprécie encore. Si 37 % des répondants serrent tout simplement des dents en attendant que cela passe, un nombre croissant s’approvisionnent de plus en plus en intrants à l’étranger, réduisent les coûts, changent de systèmes de production et n’hésitent pas à recourir à des opérations de couverture. Conclusion? Face aux cahots sur le front de la reprise mondiale, les exportateurs canadiens trouvent refuge dans la solide demande intérieure. Cela permet certes de réduire l’écart, mais il ne s’agit que d’un substitut temporaire au redémarrage de la demande mondiale.

ECNB